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« J’ai commencé ma vie professionnelle en 1997 dans les quartiers d’Amiens en tant qu’animateur et responsable d’une antenne multimédia de la fondation d’Auteuil, aux côtés de Marie-Danielle Pierrelée[1]. Aider les jeunes collégiens en situation d’échec scolaire et de décrochage à reprendre confiance en eux par le biais de l’animation et des nouvelles technologies m’enthousiasmait !

 Bien vite, j’ai éprouvé la nécessité de me former en pédagogie et de passer de « l’autre côté » en devenant moi-même enseignant [2]. Au contact de Britt-Mari Barth [3], je découvris dans quelle mesure l’enseignant génère, sans le vouloir, des erreurs de compréhension et des malentendus chez les élèves, comment il entérine, par le biais des évaluations, le fait que seul un petit nombre d’entre eux est « doué pour les études ».

À cette époque, je passais de longues heures à discuter des problématiques d’échec scolaire avec un collègue - professeur des écoles - dans une petite classe adaptée de la maison Marcel Callo[4] pour comprendre comment il parvenait, hors de toutes contraintes institutionnelles[5] et en quelques mois, à faire lire, écrire et compter efficacement des enfants réputés « en grande difficulté », « dyslexiques », « dysorthographiques » ou « dyscalculiques ». Grâce lui, je découvrais pour la première fois la gestion mentale d’Antoine de la Garanderie, ce nouveau regard sur l’enfant, cette attention unique à chacun dans sa façon d’apprendre. Ce qui me frappa, à l’époque, c’était son refus d’étiqueter l’intelligence de l’enfant, de médicaliser ses aptitudes, de l’enfermer dans les catégories habituelles - et commodes - des tests de Q.I., de se centrer sur ses manques, ses faiblesses, ses retards…

Pendant plusieurs années, j’ai également travaillé auprès de jeunes de niveau CAP et bac pro. En filigrane de mes cours, je commençais à développer avec eux ce que j’appellerais un questionnement du sens pour les aider à acquérir une distance critique vis-à-vis des techniques et logiques commerciales qu’ils étaient censés appliquer mécaniquement sans les comprendre.

À ma grande joie, je découvrais qu’il existe un âge où la conscience n’est pas encore complètement éteinte par une dizaine d’années de conditionnement scolaire ni encore endormie par le monde du travail, où la possibilité existe d’envisager l’avenir autrement que par des débouchés, des emplois, des places à occuper, des carrières à réussir : l’adolescence.

C’est dans le dialogue avec ces jeunes que j’ai pris conscience de la nécessité d’aborder n’importe quel enseignement sous l’angle du sens (et du « bon sens » !), c’est-à-dire en faisant envisager en profondeur les questions de la vérité, du beau, du bien, de la finalité, du sens de l’existence, de la liberté, du choix. Beaucoup d’entre eux me renvoyaient un enthousiasme et une soif encourageantes. Combien de fois n’ai-je entendu – avec le sourire ! – la phrase : « Monsieur, vous nous retournez le cerveau avec vos questions ! J’en ai parlé à la maison, à mes amis, etc. » Il est vrai qu’aucun d’entre eux ne s’était jamais posé la question : « Qui veux-je être plus tard ? ». Combien de fois n’ai-je entendu : « ça fait du bien, pourquoi ne nous parle-t-on jamais comme ça à l’école ?! ».

En 2012, travaillant cette fois auprès de jeunes plus âgés (18-25 ans) au sein d’un dispositif d’insertion et de remise à niveau, je commençais à développer une autre approche par le langage en mathématiques en m’inspirant des travaux de Stella Baruk et d’Elisabeth Nuyts [6]. Je continuais bien entendu à développer des projets socioculturels transversaux mêlant compétences, savoirs scolaires et défis.

Toutes ces expériences et formations m’ont forgé des convictions solides, étayées, que je me propose de mettre au service des enfants, des adolescents et des jeunes adultes qui, dans le système scolaire ou dans leur début de vie professionnelle – et même à un âge avancé - rencontrent des difficultés de compréhension, de sens, ou tout simplement qui ne parviennent pas à élaborer un projet professionnel en phase avec leurs aspirations profondes.

 

[1] Fondatrice de « l’auto-école » à Saint Denis et ancien proviseur. Auteur de  « L’insurgée. Histoire d'un proviseur qui veut réconcilier l'école et les élèves. », 2000, Ed. Seuil.

[2] Au sein d’un collège de la Fondation d’Auteuil, en mathématiques et en français : en 6ème et 5ème remédiation - en 4ème et 3ème d'insertion.

[3] Enseignant-chercheur, professeur émérite à l'Institut supérieur de pédagogie de l'Institut catholique de Paris. Auteur de : « L’apprentissage de l’abstraction », 1987, Ed. Retz – « Le savoir en construction », 2002, Ed. Retz.

[4] Établissement de la Fondation d’Auteuil dans l’Oise

[5] Il s’agissait d’une classe « hors contrat ».

[6] Entre autres ouvrages : Stella Baruk, « Échec et maths », Poche, 1977 - « Comptes pour petits et grands, V. 1, Magnard, 2003 / Elisabeth Nuyts, « La grammaire structurante », Ed. Godefroy de Bouillon, 2008 - « Dyslexie, dyscalculie, dysorthographie, troubles de la mémoire, prévention et remède », Autoédition, 2012.

 

                                                                                                                                                                 

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Formateur

Mon parcours

Mes convictions

formateur

Expérience

* Bénéficiant de plus de douze ans d’expérience en tant qu’enseignant en collège (toutes les classes, en mathématiques ou en français), en lycée professionnel (CAP, Bac Pro, BTS) et en tant que formateur (Ecole de la deuxième chance / GRETA).

* Expérience de chef de projet, de créateur et de gérant d’entreprise (projets multimédias de lutte contre l’exclusion / création et gestion d’une SARL / création et gestion d'associations sportives).

 

Diplômes et qualifications

* Diplôme universitaire « Formation à la réflexion en philosophie contemporaine et à la recherche en éthique » (Université François-Rabelais - UFR Arts et humanités)

* Formé à la pédagogie des actes de connaissance (Initiative et Formation)

* Certifié conseiller en ingénierie de formation (certificat de compétence CC88 - CNAM)

* Diplômé d’une école supérieure de commerce (EDHEC)

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